Le Crédit Foncier pèse sur les résultats de BPCE

Les échos – 09/11/2011 – RÉJANE REIBAUD

Le groupe mutualiste a dû passer une provision sur son exposition à la Grèce, entièrement portée par le Crédit Foncier. Le résultat net trimestriel recule de 60 % à 332 millions d’euros.

La Grèce pèse considérablement sur les chiffres du troisième trimestre de BPCE (Banque populaire Caisse d’épargne). Le résultat net recule de près de
60 % sur les trois mois d’été par rapport à la même période 2010, à 332 millions d’euros (pro forma des cessions de Foncia et d’Eurosic intervenues en juin et juillet 2011).

Une facture grecque de 867 millions au total

Pour se conformer à l’annulation partielle de la dette grecque prévue dans le plan de sauvetage européen du 27 octobre, le groupe mutualiste a passé une provision supplémentaire de 784 millions d’euros après seulement 83 millions d’euros au deuxième trimestre. Montant total de la facture : 867 millions. Une différence qui s’explique non seulement par le niveau de la décote appliquée à la dette (60 % contre 21 % prévu au deuxième trimestre)
et le périmètre (toutes échéances contre les échéances allant jusqu’à 2020 dans le plan précédent). L’impact sur le résultat net est de 558 millions  d’euros sur le résultat cumulé à neuf mois (2,24 milliards d’euros).

Surprise, c’est le Crédit Foncier qui portait la quasi totalité de l’exposition à la dette souveraine grecque (1,08 milliard d’euros). La filiale de crédit immobilier, premier octroyeur de crédits PTZ en France, avait commencé une diversification internationale et notamment en Grèce en 2006. C’était alors l’ancien dirigeant François Blancard qui était aux manettes. La banque a commencé à prêter aux collectivités locales étrangères (Europe et Etats-Unis), dont les grecques. Une diversification à laquelle Bruno Deletré, le nouveau directeur général qui a pris ses fonctions cet été, a mis fin.

L’établissement compte désormais se recentrer sur la France. Mais le poids de la facture pousse BPCE a renforcer le capital de sa filiale sous la forme d’une avance d’actionnaire de 500 millions d’euros ce trimestre et 970 millions sur l’année. Les modalités financières ne sont pas connues, mais elle  implique une obligation de remboursement à terme.

Des revenus stables pour le pôle banque commerciale et assurance

Le groupe BPCE précise que l’exposition directe de son portefeuille bancaire aux dettes souveraines des autres Etats périphériques de la zone euro est de 3,2 milliards d’euros dont 2,6 milliards sur l’Italie.

Sur les métiers coeurs, les tendances sont mitigées. Les revenus du pôle banque commerciale et assurance restent stables à 3,6 milliards d’euros. Mais
le résultat net plonge de 12,5 % à 611 millions d’euros en raison d’une provision prise pour une des Banque populaire du groupe, qui affecté le coût du
risque.

Les encours de crédit des deux réseaux (Banque populaire et Caisse d’épargne) sont en hausse de 9 %, dont une hausse de 9,3 % sur les particuliers
et de 8,9 % sur les autres marchés.

L’encours d’épargne des Banques Populaires qui n’est pas centralisée à la CDC (donc hors Livret A et LDD) progresse de 9,4 % sur un an. Celui des
Caisse d’épargne de 8,9 %.

RÉJANE REIBAUD