Jean-Philippe Gouin : « Les banques doivent faire preuve d’imagination pour reconnaître le travail des salariés »

Les échos – SHARON WAJSBROT

1-Le secteur bancaire, traditionnellement propice aux augmentations de salaires, a-t-il perdu son statut privilégié ?

La banque n’échappe pas à la tendance générale : depuis 2010, toutes les entreprises qui participent à notre observatoire sur les salaires ont tendance à réduire leurs enveloppes dédiées aux augmentations collectives et individuelles. Cette baisse est constante et continue. Preuve en est, en septembre, la centaine d’entreprises que nous avons sondées prévoyaient un budget d’augmentation de 1,8 % pour 2017 pour leurs salariés cadres ou non cadres. Depuis, elles ont revu leur budget à la baisse : en début d’année, il était de 1,6 % en moyenne. Dans les banques, le phénomène est le même mais il est atténué puisque les établissements ont des pratiques historiquement plus généreuses. En septembre, les banques qui partagent leurs données dans notre observatoire prévoyaient un budget d’augmentation de 2,2 % de leur masse salariale. En décembre, cette prévision est tombée à 1,95 %.

2-Cela reste donc mieux que la moyenne des entreprises que vous avez sondées ?

Les banques se situent dans le quartile d’entreprises qui attribuent le plus d’augmentations de salaire. Leurs pratiques sont tout à fait similaires à celles des métiers de l’audit, du conseil ou encore de l’industrie de la santé. Mais face à la baisse des enveloppes dédiées aux augmentations de salaire, ces secteurs, comme les autres, doivent faire preuve de plus en plus d’imagination pour reconnaître le travail des salariés.

3-Quelles sont les options à leur disposition ?

Pour éviter le saupoudrage avec des enveloppes plus faibles, ce qui ne permet pas de faire la différence pour les salariés, les entreprises privilégient des augmentations différenciées en fonction des performances de leurs équipes. En parallèle aux négociations annuelles obligatoires sur les salaires (NAO), beaucoup de banques mènent des négociations sur l’organisation du temps de travail, la formation ou encore la gestion des compétences pour jouer sur la reconnaissance au sens large. Le télétravail s’est ainsi fortement développé dans les banques françaises. A tel point que certaines banques en ligne réfléchissent désormais à l’ouvrir à leurs chargés de clientèle.

Propos recueillis par S. W., Les Echos

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