Natixis s’en sort bien, BPCE râle contre la surtaxe

La Tribune –  Par Delphine Cuny  |  

La filiale cotée du groupe bancaire mutualiste a réussi à compenser la baisse des activités de marchés et augmenté de 29% son bénéfice net au troisième trimestre. BPCE chiffre à plus de 200 millions d’euros l’impact de la surtaxe d’impôt et reporte à 2018 le lancement son offre de banque mobile Fidor.

près un deuxième trimestre brillant, malgré un contexte de marchés peu porteur qui a pesé sur les résultats de la BNP et de la Société Générale, Natixis, la filiale cotée du groupe BPCE (Banques Populaires Caisses d’Epargne), se distingue à nouveau au troisième trimestre. Son bénéfice net a bondi de 29% à 383 millions d’euros pour un produit net bancaire de 2,2 milliards d’euros, en croissance de 15% (+10% pour le coeur des métiers), sur le trimestre.

Les activités de gestion d’actifs, en hausse de 18% à 716 millions d’euros, et celles d’assurances (+12% à 174 millions) ont compensé la baisse de 5% de celles de Grande clientèle (solutions aux investisseurs, -5%) à 787 millions d’euros, et en particulier sur les marchés (-9%), dans un contexte de faible volatilité.

« L’activité de Grande clientèle, malgré une situation beaucoup plus tendue sur les marchés de capitaux et une base de comparaison forte en 2016 suivant le vote du Brexit, s’en sort relativement bien, notamment en banque d’investissement et M&A (fusions et acquisitions) », a souligné Laurent Mignon, le directeur général de Natixis, lors d’une conférence téléphonique ce mardi soir.

Natixis présentera son nouveau plan stratégique le 20 novembre aux investisseurs. Sa maison-mère BPCE le sien le 29 novembre.

BPCE entre surtaxe, taux bas et Orange Bank

Du côté de BPCE (voir le communiqué des résultats), la situation de taux d’intérêt bas a continué de peser sur l’activité de banque de détail, en repli de 3,1% au troisième trimestre. François Pérol, le président du directoire, a dit s’attendre à une baisse « de l’ordre de 2% » du produit net bancaire de la banque de proximité sur l’ensemble de l’année 2017 et à une « évolution du même ordre en 2018. » Il n’espère « pas de point d’inflexion avant fin 2019 et début 2020. »

Interrogé sur la « surtaxe » votée lundi par les députés, destinée à compenser partiellement l’annulation de la taxe sur les dividendes que l’Etat devra rembourser aux grands groupes, François Pérol a de nouveau dénoncé une mesure qui va pénaliser les groupes bancaires mutualistes, comme il l’a écrit avec le président du Crédit Agricole et celui du Crédit Mutuel.

« L’impact de la surtaxe, pour notre seul groupe, sera supérieur à 200 millions d’euros. Il n’y a pas besoin de sortir de Polytechnique ou HEC pour comprendre que c’est un projet qui n’est pas équitable.

Nous avons fait une proposition technique [ne pas appliquer la surtaxe sur le groupe d’intégration fiscale mutualiste mais au niveau régional, Ndlr], qui réduirait notre contribution, laquelle resterait très importante. Dans le projet [du gouvernement], nous serions, les trois groupes mutualistes, les premiers contributeurs à cette surtaxe [1 milliard d’euros à eux trois] alors que nous ne distribuons pas de dividende », a-t-il souligné.

Par ailleurs, interrogé sur l’arrivée d’Orange Bank, François Pérol a déclaré que « l’offre sur mobile s’étoffe en France, il y aura probablement un maintien de la pression sur les prix dans la banque au quotidien, nous saurons nous y adapter. »

« Nous travaillons au lancement de Fidor en France, une banque d’un modèle totalement différent de celui des Banques Populaires et Caisses d’Epargne, une offre exclusivement mobile », a-t-il ajouté.

Cependant, le lancement de cette néobanque allemande, rachetée l’été dernier, aura lieu « un peu plus tard » que d’ici à la fin de l’année 2017, comme indiqué initialement. Plutôt début 2018, confirme une source interne.