Natixis (BPCE) allège son bilan en vue d’acquisitions

Les échos –  Par Delphine Cuny  |  

La maison-mère Banque Pop Caisses d’Epargne va lui acheter 2,7 milliards d’euros d’actifs (affacturage, crédit conso, crédit-bail, cautions, titres). Natixis sera recentré sur la gestion d’actifs, l’assurance, la banque de financement et les paiements. Ses actionnaires recevront un dividende exceptionnel dont le montant dépendra d’éventuelles acquisitions.

Après le démantèlement du Crédit Foncier engagé en juin, c’est la deuxième grande décision stratégique de Laurent Mignon, ex-patron de Natixis, arrivé le 1er juin à la tête de BPCE. Le groupe mutualiste (Banques Populaires Caisses d’Epargne) a annoncé mercredi en fin de journée envisager le rachat d’activités de sa filiale cotée en Bourse, Natixis, pour quelque 2,7 milliards d’euros. Il s’agit de l’affacturage, du crédit à la consommation, du crédit-bail, des cautions et garanties, ainsi que la conservation de titres (Natixis EuroTitres).

Avec cette opération, Natixis va alléger son bilan (14 milliards d’euros d’actifs pondérés du risque seront déconsolidés dans ses comptes) et sera recentré sur la gestion d’actifs et de fortune, l’assurance, la banque de financement et d’investissement, ainsi que les paiements, plus anecdotiques à ce stade mais prometteurs.

« Ce projet [doit] permettre à Natixis d’accélérer le déploiement de son modèle asset-light auprès de ses clients et des deux grands réseaux du groupe » a expliqué Laurent Mignon, cité dans un communiqué.

Natixis BPCE transfert actifs

[En bleu, les actifs conservés par Natixis (paiements, épargne salariale, financement du cinéma, en rose les actifs cédés à BPCE : crédit conso, crédit-bail, cautions et garanties, affacturage, titres. Crédits : Natixis]

Les activités cédées représentent plus de 900 millions d’euros de produit net bancaire annuel et de l’ordre de 400 millions d’euros de bénéfice avant impôts.

Superdividende et/ou grosse acquisition en vue

Ces cessions vont se traduire par des moyens accrus pour réaliser des acquisitions, une « capacité de croissance externe portée à 2,5 milliards d’euros sur 2018-2020 » (dont 400 millions ont déjà été consommés), contre 1 milliard précédemment dans le plan stratégique New Dimension, « avec le soutien de BPCE si nécessaire ».

« En donnant à Natixis des moyens supplémentaires pour investir dans ses métiers asset-lightet différenciants, principalement la gestion d’actifs, ce projet constituerait une opportunité additionnelle de développement » a commenté François Riahi, le directeur général de Natixis.

Natixis post cessions

[Les quatre futurs principaux pôles de Natixis : gestion d’actifs et de fortune, banque de financement et d’investissement, assurance, paiements. Crédits : Natixis]

Les actionnaires de Natixis (BPCE, qui détient 70,7% du capital, en premier lieu) recevront un dividende exceptionnel qui pourrait atteindre 1,5 milliard d’euros, « sauf projet d’acquisition importante d’ici à la clôture de la transaction », prévue à la fin du premier trimestre 2019. Des discussions avaient eu lieu il y a quelques mois en vue du rachat d’Axa IM, la gestion d’actifs de l’assureur. Il n’y a cependant aucun projet d’acquisition actuellement en discussion, a précisé François Riahi lors d’une conférence téléphonique.

« Cette opération rendrait le bilan de Natixis plus manœuvrable et lui permettrait de réagir plus vite dans un environnement de marché qui requiert toujours plus d’agilité » a estimé François Riahi.