BPCE recrute chez Orange son DG adjoint, Laurent Benatar

La Tribune – Par Delphine Cuny  |  

L’organe central des Banques Populaires et Caisses d’Epargne va confier la transformation et l’excellence opérationnelle à cet ingénieur X-télécoms, actuellement directeur technique et des systèmes d’informations d’Orange. Il remplace Jean-Yves Forel qui se chargera notamment de l’épineux dossier de la néobanque Fidor.

Cela deviendrait presque une habitude. Le groupe bancaire BPCE a annoncé ce mardi 18 septembre le recrutement d’un cadre d’Orange, Laurent Benatar, actuel directeur technique et des systèmes d’information d’Orange France, au poste de directeur général adjoint en charge de la Transformation et de l’Excellence opérationnelle. L’organe central du groupe mutualiste Banques Populaires Caisses d’Epargne avait déjà embauché un ex-Orange comme responsable de la transformation numérique, Yves Tyrode (passé entre temps chez Voyages Sncf), et sa filiale cotée en Bourse Natixis avait recruté chez Orange son patron du digital, Luc Barnaud, promu en mars dernier Chief Digital and Technology Officer.

Laurent Benatar, qui rejoindra BPCE « dans les prochaines semaines », est un pur produit Orange. Cet X-télécoms de 50 ans a effectué toute sa carrière chez l’opérateur télécoms, du lancement de l’ADSL à la fibre. Il aura notamment la responsabilité informatique du groupe bancaire, .

« Au cours de sa carrière, il a ainsi accompagné la montée en puissance des réseaux fixes et mobiles, les grands projets Cloud et Data center et les nouvelles offres emblématiques Open, la Fibre, ou encore Sosh, la marque 100% digitale et communautaire d’Orange », souligne le groupe BPCE dans un communiqué.

Derrière cette nomination s’en cache une autre : il remplacera Jean-Yves Forel, 57 ans (IEP Grenoble, licence sciences éco), qui a fait toute sa carrière au sein du groupe mutualiste et sera désormais chargé de la mise en oeuvre du développement de la banque de proximité en Europe, « comprenant les réflexions stratégiques sur le développement de Fidor ».

Traiter l’urgence du dossier Fidor

Le rachat de cette néobanque mobile allemande, à l’été 2016, pour une somme estimée à près de 150 millions d’euros, n’a pas tenu ses promesses. BPCE a dû la recapitaliser et ne l’a toujours pas lancée en France.

Laurent Mignon, aux commandes de BPCE depuis juin, a décidé de s’attaquer à ce dossier épineux et urgent. Son prédécesseur, François Pérol, à l’origine de cette acquisition perçue comme audacieuse à l’époque, avait annoncé le lancement en France et dans plusieurs pays européens de Fidor au deuxième semestre 2017, puis en mode light, sans licence bancaire mais comme établissement de paiement courant 2018.

Lire aussi : Pourquoi BPCE ne lancera pas une vraie banque mobile en France

Mais pour l’instant Fidor France a seulement ouvert en juin sa « communauté » (un forum de discussion) et sa place de marché, un catalogue de partenaires de la Fintech. Le patron de BPCE a indiqué  aux Echos ce week-end que le groupe « ne lancera pas Fidor en France. »

En interne, on vante les atouts technologiques de la startup, ses outils d’ouverture de compte ultra-rapide et de gestion des dépenses, également commercialisés sous marque blanche. Décrite comme une « startup technologique avec une licence bancaire », Fidor devait devenir « un des leaders européens sur le segment de la banque mobile communautaire. » Elle est présente en Allemagne, un peu au Royaume-Uni. Pendant ce temps, sa rivale allemande N26 a gagné plus d’un million de clients dans 17 pays et la britannique Revolut en revendique plus de 2 millions. « Je crois plus à ce qu’on fait en lançant une offre mobile comme Enjoy qu’en lançant une nième néobanque. Il y en a déjà assez » a déclaré ce week-end Laurent Mignon.

D’ailleurs, BPCE envisagerait entre autres options  « une cession, partielle ou totale » de Fidor, selon les Echos, un mandat aurait été confié à la banque d’affaires Clipperton.