Tension sociale autour du démantèlement du Crédit Foncier

Les échos – SHARON WAJSBROT Le 17/10

L’intersyndicale du spécialiste de l’immobilier a appelé à une mobilisation ce mercredi devant le siège de BPCE. Les reclassements proposés aux salariés suscitent l’inquiétude.

Passé le choc de l’annonce de la  disparition du Crédit Foncier , les salariés du spécialiste de l’immobilier sont sur leur garde. Ce mercredi, ils ont appelé à la mobilisation devant le siège du groupe BPCE avant d’être reçus – en fin d’après midi – par le président du directoire, Laurent Mignon. En cause pour les salariés : les conditions de reclassement promises par les différentes banques du groupe BPCE en juin dernier.

« Trente entités du groupe BPCE se sont engagées à proposer des reclassements aux 1.400 salariés du Crédit Foncier dont le poste doit être supprimé, mais nous n’avons pas de garantie sur la nature des postes qui seront proposés. Les banques régionales sont plutôt en train de réduire leurs effectifs, nous craignons des licenciements, par la suite, dans les entreprises d’accueil », fait valoir un représentant syndical du Crédit Foncier qui met en avant le précédent du transfert début 2018 des équipes de recherche-actions de Natixis chez Oddo. Une fois le transfert des salariés de Natixis engagé dans le cadre du partenariat entre les deux établissements, Oddo avait négocié un accord social prévoyant le recours à des « ruptures conventionnelles collectives ».

Une autre revendication porte sur les 600 personnes chargées de gérer en « run-off » les 114 milliards d’actifs du Crédit Foncier. Les syndicats souhaitent que leur soit proposé un guichet de départ, une fois leur mission accomplie. Le sujet est encore en débat au sein de la banque. Engagées mi-juillet, les négociations sur les conditions sociales de démantèlement du Crédit Foncier doivent se poursuivre jusqu’à mi-novembre.

En attendant BPCE veut rassurer. Dans une lettre envoyée il y a dix jours aux salariés du Crédit Foncier, il a rappelé ses engagements. « Nous ne détruisons pas d’emplois, nous fermons les agences du Crédit Foncier et recréons immédiatement des emplois dans nos autres banques », assure une source. Les banques régionales y sont aussi intéressées. La disparition du Crédit Foncier leur offre en effet des moyens pour se développer : BPCE doit récupérer chaque année près de 8 milliards de liquidités, dont 6 milliards doivent être redistribués aux banques régionales.