BPCE revient dans la ligue des banques « systémiques »

Les échos – SHARON WAJSBROT Le 16/11

Le groupe mutualiste est à nouveau considéré comme « systémique » par le Conseil de stabilité financière du G20. Cela ne devrait toutefois pas avoir d’impact sur ses besoins en fonds propres.

Ce vendredi, le Conseil de stabilité financière (FSB) a annoncé que le  groupe BPCE  allait prochainement faire son retour dans la liste des plus grandes banques dans le monde. Après un an passé en dessous du seuil critique pour être considérée comme « systémique », la banque mutualiste figure ainsi à nouveau aux côtés de BNP Paribas, Crédit Agricole et Société Générale dans ce classement global qui compte 29 banques à travers le monde.

Cette année, la banque scandinave Nordea et la britannique RBS sont par ailleurs sorties de cette liste qui distingue les établissements dont l’éventuelle faillite pourrait – aux yeux du FSB – entraîner des secousses dans l’ensemble du système financier. Pour ces établissements, cette distinction signifie surtout, qu’à ce titre, ils sont soumis à des exigences réglementaires renforcées.

En avance sur les objectifs de fonds propres

La nouvelle ne devrait toutefois pas avoir d’impact sur les besoins en fonds propres de BPCE à court terme. D’abord parce que la décision du Conseil de stabilité financière ne s’appliquera que début 2020. Ensuite parce que BPCE affiche d’ores et déjà des ratios de fonds propres compatibles avec les exigences imposées aux banques systémiques de sa catégorie : une surcharge en capital de 1 % de ses actifs pondérés par les risques, et le respect des exigences de ratio de capacité totale d’absorption des pertes (TLAC).

« BPCE se voyait déjà appliquer une surcharge dite « systémique » au niveau domestique », explique un proche du groupe. A fin septembre 2018, le groupe a publié un ratio CET1 de 15,4 % et un ratio TLAC de 22,4 %. Ce dernier dépasse d’ores et déjà l’objectif de 21,5 % que le groupe s’est fixé dans son plan stratégique à horizon 2020.

Attirer les investisseurs

Conscient de se trouver à la limite du seuil des mégas banques, le groupe pilote ses ratios comme s’il jouait quoiqu’il arrive dans la cour des grands. Selon nos informations, BPCE a même demandé au gendarme bancaire de le positionner systématiquement dans la catégorie des banques systémiques. Il faut dire qu’appartenir à cette catégorie ne présente pas que des inconvénients. « Dans la perception des investisseurs c’est une distinction très importante. En Asie, par exemple, cela peut ouvrir l’accès à certains fonds qui ont des poches d’investissement dédiées aux plus grandes banques considérées comme plus solides », indique un observateur.

Sharon Wajsbrot