Natixis : le flux et la bouée

Les échos – 12/11/2018

Natixis reste fidèle à sa stratégie « asset light ».

Il n’est jamais facile de ramer à contre-courant. La  publication trimestrielle , pourtant meilleure que prévu, de Natixis n’a donc provoqué que des prises de bénéfices (-1,6 %) au milieu d’indices mondiaux gagnés par le reflux. La filiale de BPCE négocie habilement les deux courants surveillés de près par les oracles boursiers, les recettes et les coûts. Et sa gestion d’actifs et de fortune a su relever le défi des flux de capitaux – avec une collecte positive de plus de 5 milliards d’euros – et compenser ainsi les plus basses eaux de la banque d’investissement, ralentie par le coup de froid en Europe. Le modèle « asset light » mis en place au début de la décennie – peu gourmand en fonds propres – n’a pas empêché son action de boire la tasse depuis le début de l’année. Il lui procure néanmoins une bouée efficace contre la décote de valorisation dont souffrent les valeurs bancaires françaises, de quoi offrir une surcote (1,2 fois l’actif nettangible) et le rendement du dividende le plus élevé (7 %). L’ambiance de correction à Wall Street et d’aversion au risque en Europe n’a d’ailleurs pas donné en 2018 une meilleure ligne de flottaison aux actions de « pure players » de l’« asset management » comme Amundi ou BlackRock. Et si les changements fréquents de périmètres et la série d’acquisitions des dernières années compliquent la tâche des pronostiqueurs attitrés du véhicule coté mutualiste, la confirmation de la distribution d’un dividende exceptionnel de 1,5 milliard d’euros, une fois bouclée la cession des activités de crédit spécialisé à la maison mère, leur a fourni le point de repère attendu sur l’horizon proche.

Natixis : le flux et la bouée