La BFI, un bastion encore largement masculin

Les échos – Par SHARON WAJSBROT Publié le 05/04

Dans les métiers de banque de financement et d’investissement, les écarts de rémunération entre hommes et femmes restent importants car les femmes sont peu nombreuses et n’atteignent pas le haut de la pyramide.

Difficile pour les femmes de rayonner dans la BFI. Les chiffres récemment publiés par les banques de financement et d’investissement basées à Londres , qui ont signé la charte « Women in Finance », en attestent.

Chez Goldman Sachs, le bonus moyen attribué aux femmes est 68,9 % inférieur à celui des hommes tandis que le salaire horaire médian des femmes est 35,5 % inférieur à celui des hommes. Les banques françaises ne font pas exception : la succursale britannique de la Société Générale octroie aux femmes un bonus médian 70,1 % inférieur à celui des hommes et un salaire horaire médian 32,5 % inférieur. Chez BNP Paribas, le constat est sensiblement le même : le salaire horaire médian perçu par les femmes est inférieur de 29,7 % et le bonus médian de 57,1 %.

Cet écart s’explique essentiellement par la présence plus faible des femmes aux postes seniors les mieux rémunérés. Par exemple, à la Société Générale à Londres, les femmes représentent de 20 à 30 % de l’effectif global (selon l’entité), mais seules 10 % d’entre elles font partie du quartile le mieux rémunéré.

Redoubler d’efforts

 

Certains métiers sont particulièrement dépeuplés . « C’est très difficile de trouver des femmes qui veulent travailler durablement en fusion et acquisition, ce sont des métiers peu conciliables sur le long terme avec une vie de famille », atteste Florence Soulé de Lafont, associée chez Heidrick & Struggles.

Les banques le savent et tentent de varier leurs recrutements. Début mars, Goldman Sachs a lancé un programme permettant à une centaine de nouvelles recrues de s’essayer au trading pendant un an. Mais pour attirer, les banques doivent aussi lever des freins culturels et éthiques car, dans les salles de marché, les stéréotypes ont parfois la vie dure.

Des cas de discrimination

« Il nous faut travailler sur les biais inconscients et engager le ‘top management’ afin de développer une réelle exemplarité. Le sujet n’est pas simple et il n’y a pas de formation unique. Nous avons mis en place notamment des ‘serious games’, ou du ‘co-coaching’ pour échanger entre pairs », explique Anne Lebel, directrice des ressources humaines de Natixis.

Dans la foulée de la vague #MeToo , plusieurs cas de discrimination et de harcèlement sexuel ont été relayés dans les médias. UBS a notamment été mis en cause à Londres par une ancienne stagiaire qui estime que la banque n’aurait pas pris en compte ses alertes sur le comportement d’un salarié senior. Le gendarme bancaire britannique, la FCA, a de son côté lancé une enquête.

Sharon Wajsbrot