La néobanque Fidor plombe les comptes de BPCE

La Tribune – Par Delphine Cuny  |  

Le groupe mutualiste a décidé de déprécier de 148 millions d’euros la valeur de la startup allemande acquise en 2016 et dont il espère se défaire.

L’aventure Fidor se termine décidément mal pour BPCE. L’organe de contrôle des Banques Populaires et Caisses d’Epargne a annoncé ce jeudi 9 mai en fin de journée des résultats grevés par des charges exceptionnelles, notamment une dépréciation de 148 millions d’euros de la valeur, néobanque allemande acquise en 2016 sous l’ère François Pérol, « cette participation devenue non stratégique. » Si le produit net bancaire a reculé de 1% à 5,95 milliards d’euros, le bénéfice net pat du groupe de BPCE a chuté de 43,8% à 340 millions d’euros au premier trimestre. La charge sur Fidor représente 52% des « coûts de transformation et de restructuration » souligne le groupe français.

« Nous avons déprécié une partie significative de la valeur de Fidor » a indiqué Laurent Mignon, le président du directoire de BCE, lors d’une conférence téléphonique. « Le prix d’acquisition était à peu près égal à cela, mais nous avions fait des augmentations de capital depuis [pour plus de 80 millions d’euros, ndlr]. La valeur reste positive : elle reflète ce que nous pouvons escompter. Nous avons reçu plusieurs expressions d’intérêt. Nous avons des discussions avec des acheteurs potentiels » a-t-il ajouté.

Présentée à l’époque comme stratégique pour rattraper son retard dans le numérique et son absence de banque en ligne, l’acquisition de Fidor a tourné au fiasco pour BPCE, entre mauvaises surprises dans les comptes et choc de culture, ainsi que des craintes de cannibalisation en interne du côté des banques à réseau mutualistes. Confidentielle en Allemagne et au Royaume-uni, Fidor n’a finalement jamais été lancée en France après de mois de report et teasing.

 
 

Stratégie « Digital Inside »

Peu après sa prise de fonction en juin, Laurent Mignon avait expliqué qu’il ne voyait pas l’intérêt de lancer une énième banque en ligne ni d’avoir une activité de fournisseur de solutions bancaires B2B de type « bank-as-a-service ».

« Il y a une forte accélération du digital au sein du groupe. Notre stratégie est désormais « Digital Inside », c’est une transformation de l’intérieur » a fait valoir ce jeudi le président du directoire.

D’autres « transformations » ont été menées au cours des derniers, notamment l’arrêt des activités du Crédit Foncier, désormais intégrées au sein du groupe, et l’acquisition de 50,1% de la banque du groupe Auchan, Oney, signée le 4 avril. Le groupe a aussi signé un accord avec Covéa qui lui permet de récupérer l’activité d’assurance pour les clients des Banques Populaires, après celle des Caisses d’Epargne : les nouveaux contrats seront réalisés par Natixis Assurances, le groupe voulant devenir « un bancassureur de plein exercice. »

Du côté de Natixis, filiale cotée en Bourse et détenue à 71% par BPCE, les activités de marchés en baisse de 28%, ont plombé les résultats du premier trimestre, gonflés d’une plus-value de 586 millions d’euros suite à la cession d’activités de banque de détail à BPCE.