Les activités de marchés encore en recul chez Natixis en début d’année

Les échos – par Anne DRIF – Publié le 09/05

La filiale de BPCE a quasiment triplé son bénéfice net à 764 millions d’euros de janvier à mars grâce à la cession de banque de détail à BPCE. Mais ses métiers actions et taux restent en recul de 31%. Natixis accélère en M&A avec le rachat d’une nouvelle boutique en Australie, Azure Capital.

Natixis a dévoilé jeudi des résultats trimestriels contrastés. La filiale de BPCE a quasiment triplé son bénéfice net, à 764 millions d’euros, de janvier à mars, grâce à la cession des activités de banque de détail à BPCE, qui a généré un gain exceptionnel de 586 millions. Une performance supérieure aux attentes des analystes.

Mais après son  accident de marché à 259 millions fin 2018, la filiale de BPCE a enregistré une chute des revenus de ses activités de trading de 31%, à 366 millions d’euros, les plus impactées étant celles de taux (-33,5% à 251 millions d’euros). La banque a évoqué des « conditions de marché peu favorables sur les taux et le change», ainsi qu’un début d’année 2018 historiquement haut.

Les revenus du pôle actions baissent eux aussi de 13%. Natixis observe néanmoins un « rétablissement notable à la suite de la performance du quatrième trimestre 2018 »

Le recul de la filiale de BPCE sur ces métiers est cependant plus prononcé que celui de ses concurrents BNP Paribas et Société Générale. Chez le premier la chute des marchés « equity » a été compensée par le bond des activités de taux. Chez le second, le recul des revenus des deux pôles a été moins fort.

Acquisition d’une boutique de M&A

Au final, Natixis dégage un profit avant impôt en Banque de Grande clientèle, son pôle regroupant les marchés, le conseil et le financement, en dessous des attentes des analystes (222 millions d’euros) à 183 millions d’euros, en chute de 48% sur un an.

Les autres métiers se portent mieux, mais n’ont pas suffi à compenser totalement les résultats des activités de marchés. La banque d’investissement et le M&A en particulier progressent de 6%. Le conseil en fusions-acquisitions croît même à deux chiffres, grâce au modèle multiboutiques qui a conduit Natixis à prendre le contrôle des maisons anglaises et chinoises, Fenchurch et Vermillon, et à  doubler de taille dans ces métiers .

La banque a annoncé jeudi un nouveau rachat, avec Azure Capital, une enseigne australienne de 28 collaborateurs spécialisée dans l’infrastructure et les matières premières, « deux segments prioritaires pour nous », rappelle Marc Vincent, le responsable de la Banque de Grande Clientèle de Natixis.

Les synergies entre ses sept enseignes partenaires croissent, 191 millions d’euros de revenus ayant été dégagés, et les mandats conjoints se développent entre géographies. « Nous restons ouverts à d’autres opportunités, mais nous n’avons pas vocation à intégrer une quinzaine de franchises », indique le dirigeant.

Anne Drif