Natixis veut se renforcer à Londres et à New York

Les échos – Anne Drif / Journaliste | 

La banque de marché cible cinquante embauches à l’international.
Elle cherche en priorité des vendeurs.

La France est un vivier historique de traders pour les banques à l’international. Mais Paris n’a pas le vent en poupe dans les salles de marché parisiennes. Natixis, la cadette des banques d’investissement françaises, filiale du groupe BPCE, a engagé un plan social dans l’Hexagone en 2013 et un projet de transfert de postes à Londres, en revanche elle met les bouchées doubles à l’international.

La banque va ainsi recruter une cinquantaine de personnes dans ses activités de marchés, dont la moitié à Londres, une quinzaine à New York et le solde en Asie. Sa priorité est de croître au niveau mondial. L’établissement recherche pour tous les métiers (obligataires, actions et matières premières), mais d’abord des originateurs et des vendeurs sur les activités de solutions structurées, et à la marge pour ses activités de flux.

La capitale britannique est une priorité. Dans certaines activités, notamment les taux, la banque veut rééquilibrer son barycentre à Londres, où gravitent ses clients coeur de cible (gestionnaires d’actifs, « hedge funds », fonds de pension, etc.), avec qui elle doit renforcer sa proximité. Après Paris, où elle compte 680 personnes dans ses activités de marché, New York constitue sa deuxième implantation avec 170 personnes, devant la capitale britannique.

Une équipe à Taiwan

Natixis veut aussi se renforcer en Asie d’ici à deux ans. Présente à Hong Kong, à Singapour et au Japon depuis 2013, la banque envisage de créer une équipe de 10 à 15 personnes à Taiwan. Son cap à l’international passe aussi par un investissement sur des banquiers dès leur sortie d’école. Natixis va lancer son premier « graduate program », pour recruter une dizaine de jeunes diplômés étrangers depuis Londres, qui graviteront ensuite dans ses filiales en Europe et au Moyen-Orient.

La banque a les moyens de son ambition. L’an dernier, elle n’a pas dépensé son budget. Et ce malgré 88 recrutements opérés essentiellement à l’international. La banque a enregistré des départs, notamment après le plan social de 2013. En outre, dans ses activités de taux, les propositions de transferts de la banque vers Londres, qui auraient dû atteindre 84 postes, n’ont pas trouvé l’écho escompté (une dizaine de demandes). Et ce même si des collaborateurs d’autres métiers s’étaient portés candidats. 

Anne Drif, Les Echos

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