Communiqué de presse de l’UNSA Caisse d’Epargne

23/03/2020

Malgré la pandémie, des dirigeants Caisse d’épargne résistent à la fermeture des agences !

Pour l’UNSA Caisses d’épargne, le « nous sommes en guerre » du Président de la république se conjugue mal avec les injonctions des ministres des finances et du travail appelant les français à se rendre à leur travail. Certains dirigeants des Caisses d’épargne se sont montrés plutôt sensibles à ce discours paradoxal… avant l’heure.

Jamais notre pays n’avait connu depuis le siècle dernier pareille crise sanitaire qu’aujourd’hui ! Les chiffres de mortalité avancés comme pouvant solder ce drame d’ici plusieurs mois par la communauté des médecins et scientifiques sont hallucinants : 100 000, 200 000 morts ! Et plus encore peut-être.

Le confinement, sans qu’il le nomme, fut le fil conducteur de l’intervention du Président de la république il y a une semaine : « restez chez vous » ! Au-delà des gestes de barrière, se laver les mains régulièrement, ne pas s’embrasser, ne pas serrer les mains, se tenir à distance d’au moins un mètre de toute personne, une liste d’activités essentielles ont été citées comme devant poursuivre leur activité… dont les banques !

Il va sans dire que l’unité ne fut pas de mise parmi les 15 Caisses d’épargne la semaine dernière. Si certaines ont dès le premier jour considéré que le maintien de l’activité ne signifiait en rien que les agences devaient être ouvertes au public, d’autres accueillaient encore portes grandes ouvertes les clients samedi matin. Et cela sans gants ni gel hydroalcoolique pour le personnel !

L’UNSA Caisse d’épargne considère qu’il s’agit là d’actes d’irresponsabilité majeure commis par des dirigeants obnubilés par le chiffre d’affaire et les résultats commerciaux. Rien d’étonnant à cela quand on connait le discours de la Directrice des ressources humaines à BPCE qui affirme que « nos agences doivent rester ouvertes pour accueillir le chef d’entreprise qui n’a plus de chiffre d’affaire et se trouve totalement désemparé, bien plus paniqué que les salariés » et d’affirmer le lendemain que « seulement 5% des agences Banques populaires et Caisses d’épargne sont fermées, et encore les plus petites ». Et cerise sur le gâteau, elle ne daigne consacrer qu’une heure en tout et pour tout dans la semaine pour faire un point d’actualité avec les représentant du personnel au niveau de la Branche sur le COVID-19. Indigne d’un dirigeant de ce rang ! Et l’humain dans tout ça ?

Face à une telle attitude de la tête du groupe BPCE, l’UNSA exige des dirigeants des Caisses régionales qu’ils harmonisent leurs décisions en actant sans plus attendre :

  • La fermeture du transactionnel physique pour l’ensemble des services « Ventes et Services Clients », la quasi-totalité des opérations pouvant être réalisée à distance ou dans nos guichets automatiques sachant, de surcroît, qu’une partie significative des agences seront mécaniquement fermées pour pallier l’absence des collègues en situation de fragilité ou devant garder leurs enfants en âge scolaire.
  • L’extension du télétravail à l’ensemble des collaborateurs des services « Support ».
  • Le report des rendez-vous qui ne relèvent pas de l’urgence, ceux qui devraient être impérativement maintenus seront réalisés à distance en utilisant l’ensemble des moyens de communication dont nous disposons.
  • La suspension immédiate des campagnes commerciales en cours et à venir et la « mise en quarantaine » des suivis d’objectifs.

Faute de quoi l’UNSA Caisse d’épargne militera pour que des procédures de droit d’alerte soient engagées par les CSSCT via les CSE dès lors que la sécurité des salariés ne serait pas garantie. Sans compter le soutien qui pourrait être apporté à l’exercice du droit de retrait par les salariés. Protégez-vous, protégez-nous !

fxjolicard